e-Trafic : « Mes clients ont accès à leur campagne Adwords, pour voir où est dépensé leur argent »

Etienne Gourdon est le fondateur d’E-trafic, une agence emarketing qui existe depuis 2011, spécialisée dans la publicité sur internet, le référencement payant & naturel et de manière générale, la stratégie digitale.

Comme c’est un sujet qui concerne à peu près tout le monde ayant un site internet, on avait quelques petites questions à lui poser…

Etienne, raconte-nous pourquoi tu as choisi de monter ta propre agence (qui rappelons-le s’appelait initialement « Génération Internet » jusqu’en 2014 où tu opta pour « E-Trafic ») plutôt que de rester salarié ? 

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

J’ai été salarié dans plusieurs agences spécialisées en génération de trafic, à Londres, puis à Aix-en-Provence. Cette dernière expérience, à Aix, a été très mauvaise et c’est ce qui m’a donné envie de me mettre à mon compte.

Car ce n’est pas tant la mission qui m’a posé problème, mais la gestion de l’activité. En fait, le directeur de cette agence, un homme très avenant, était un escroc qui a floué ses clients. Il faut savoir que cette personne avait déjà fait fermer sept entreprises auparavant, toutes dans le digital. Autant dire qu’il n’en était pas à son coup d’essai.

Outre le management qui était sujet à critiques, la direction de l’agence poursuivait une stratégie de croissance folle, pour être côté en Bourse rapidement. L’agence a d’ailleurs reçu le prix « Fast 50 » de Deloitte… l’année précédant sa fermeture et son rachat.

Mais la trésorerie ne suivait pas. Les clients ne le savaient pas, mais l’acompte qu’ils versaient au départ, soit 30% de la somme totale, servait en fait à payer les dépenses engagées… pour les clients précédents. Un peu comme une pyramide de Ponzi.

En 4 ans d’exercice, l’agence a ainsi accumulé 7 millions d’euros de dettes, ce qui est énorme. Il faut savoir qu’un mois avant de mettre l’agence en cessation de paiement, le directeur a demandé aux salariés d’investir dedans !

Beaucoup de clients ont perdu beaucoup d’argent.

En outre, j’ai eu des échos d’anciens collaborateurs qui sont partis dans d’autres agences qui me font penser que les pratiques vertueuses ne sont pas légion. Est-ce propre au Sud, je ne sais pas.

Voilà pourquoi j’ai décidé de me mettre à mon compte : pour entretenir d’autres rapports avec mes clients et avec mes collaborateurs. Pour me distinguer des pratiques douteuses, je propose à mes clients de les représenter mais toujours en tant que mandataire non payeur et je leur donne accès à leur campagne, pour qu’ils puissent voir où est dépensé leur argent.

Ils reçoivent un reporting hebdomadaire et peuvent arrêter notre collaboration à tout moment, sans préavis.

Et ça marche.

En ce qui concerne le directeur de l’agence à Aix [qui se définit comme un « entrepreneur à succès » NDLR], il poursuit son bonhomme de chemin dans le monde du digital, en tant que salarié, à Paris.

Pourquoi avoir choisi Morphoburo à Eguilles pour y développer ton activité ?

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

J’ai choisi Morphoburo parce que j’avais besoin d’un espace de travail flexible. Quand on est une jeune entreprise, s’engager sur un bail 3/6/9 se révèle très contraignant et très cher. J’ai travaillé quelques temps aux Milles, chez Cowork’In Aix, et suite à un déménagement, il était plus simple pour moi de venir chez Morphoburo.

Et l’accès aux Milles était vraiment difficile à cause du trafic, ce qui n’est pas le cas pour Morpho.

Homepage-e-trafic

Tous ceux qui travaillent sur le web le savent : il y a des paramètres qui nous échappent, certains secteurs sont hyper-concurrentiels, et parfois, nous sommes en compétition avec des acteurs qui ont davantage de moyens.

Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de refuser un projet parce que tu t’es dit qu’en l’état, avec le budget qui lui était alloué, il était quasi impossible de le mener à bien ?

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

Oui, il m’est arrivé à plusieurs reprises de refuser des projets provenant de petites sociétés ne disposant que de quelques centaines d’euros de budget mensuel. Dans ce genre de cas, je conseille à l’entreprise de garder ce budget plutôt que de le dépenser et de n’avoir quasi aucun résultat.

Ces sociétés doivent avoir à l’esprit que même sur 300€ de budget mensuel, le consultant doit payer ses charges en plus de se rémunérer…

En dessous de 1 000€/mois, les entreprises ont plutôt intérêt à gérer leurs campagnes Adwords en interne, plutôt que de missionner un consultant.

À l’inverse, quelle est ta plus belle réussite, y a-t-il des résultats, une réussite d’un de tes clients dont tu es particulièrement fier et qui nourrit peut-être encore aujourd’hui ton attrait pour ce métier ? 

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

D’une manière générale, je suis fier de tous mes clients !

Mais oui, je pense à l’un de mes tout premiers clients, lorsque je me suis mis à mon compte. Lui aussi se lançait, il avait entre 300€ et 500€ de budget mensuel, et ni l’un ni l’autre n’avions droit à l’erreur. C’est un conseiller de Google qui avait créé sa campagne – automatiquement – mais il n’en était pas satisfait, il trouvait qu’il dépensait beaucoup d’argent et avait très peu de résultats.

Je me suis rendu compte qu’en effet, il fallait tout reprendre (comme quoi…). Au bout de 2, 3 mois de travail, j’étais content de lui annoncer un retour sur investissement de 10€ [pour 1€ dépensé, 10€ de gagnés, NDLR].

En fait, il avait fait appel directement à Google pour lancer sa campagne, mais l’intérêt de Google c’est de maximiser ses propres rentrées publicitaires, pas de générer des résultats sur le site de ses annonceurs.

À l’inverse, quelle est ta plus belle réussite, y a-t-il des résultats, une réussite d’un de tes clients dont tu es particulièrement fier et qui nourrit peut-être encore aujourd’hui ton attrait pour ce métier ? 

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

D’une manière générale, je suis fier de tous mes clients !

Mais oui, je pense à l’un de mes tout premiers clients, lorsque je me suis mis à mon compte. Lui aussi se lançait, il avait entre 300€ et 500€ de budget mensuel, et ni l’un ni l’autre n’avions droit à l’erreur. C’est un conseiller de Google qui avait créé sa campagne – automatiquement – mais il n’en était pas satisfait, il trouvait qu’il dépensait beaucoup d’argent et avait très peu de résultats.

Je me suis rendu compte qu’en effet, il fallait tout reprendre (comme quoi…). Au bout de 2, 3 mois de travail, j’étais content de lui annoncer un retour sur investissement de 10€ [pour 1€ dépensé, 10€ de gagnés, NDLR].

En fait, il avait fait appel directement à Google pour lancer sa campagne, mais l’intérêt de Google c’est de maximiser ses propres rentrées publicitaires, pas de générer des résultats sur le site de ses annonceurs.

E-Trafic est une agence Google partners, ce qui veut dire que tu as la certification Google Adwords, un passage obligé pour tout professionnel de la publicité sur internet ?

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

Oui, je dois d’ailleurs la renouveler… Il faut passer 2 à 3 examens qui me prennent environ 40 minutes chacun.

Tu as suivi un semestre de formation dans une université à Jököping, en Suède et travaillé dans l’agence The Search Works à Londres.

Qu’est-ce que ça t’a apporté professionnellement ? Qu’est-ce que tu en as retenu ? Qu’est-ce que les suédois et les anglais font de bien et dont on pourrait s’inspirer ?

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

J’ai effectué un séjour universitaire en Suède, en effet, et c’est là-bas que j’ai pu me former au e-commerce, un domaine qui n’était pas encore abordé dans mon école de commerce à l’époque, en 2001. Il y avait encore peu de formateurs qualifiés à l’époque.

En fait, j’ai commencé ma carrière dans le marketing direct, chez Dell, et ce n’est qu’après que j’ai fait une transition vers le marketing web. Mais sans ce séjour en Suède, il est clair que je n’aurais pas eu cette perspective.

J’ai atterri chez The Search Works après avoir demandé à Dell ma mutation à Londres, en 2007. À cette époque, il y avait beaucoup d’opportunités professionnelles là-bas.

J’ai été contacté par une agence spécialiste d’Adwords alors que je n’avais pas d’expérience dans ce domaine. En fait, ils cherchaient des gens qui savaient parler à des grands comptes, comme Dell.

C’était mon cas.

C’est là que j’ai tout appris et c’était l’endroit idéal pour ça : The Search Works était à l’époque la première agence européenne en termes de volume de budget dépensé sur Google Adwords.

Ça n’a pas été facile, loin de là, mais ce fut formateur. Car quand je suis arrivé dans l’agence à Aix, je suis arrivé en expert.

Question boule de cristal : comment vois-tu l’avenir de ta profession et comment penses-tu relever le challenge de son évolution, compte tenu de la rapidité avec laquelle ce secteur change ?

Etienne Gourdon, fondateur d’E-Trafic

Je constate qu’il y a beaucoup de moyens d’acheter de la publicité aujourd’hui. Je pense notamment au RTB [« real-time bidding » (enchère en temps réel), NDLR] qui ne va pas dans le sens de la transparence et permet de vendre des espaces publicitaires qu’un client n’aurait peut-être pas acheté en connaissance de cause… Un peu comme les subprimes au milieu d’un portefeuille d’actions.

Cette tendance arrange les grands groupes, clairement.

À cela s’ajoute la tendance à l’hyper-spécialisation sur un ou deux leviers, condition nécessaire pour tirer son épingle du jeu : à terme, il sera impossible d’être généraliste.

Je remarque aussi une évolution dans les profils qui assistent à mes formations : avant, c’était des spécialistes qui venaient voir un autre spécialiste. Aujourd’hui, tout le monde se forme au digital parce que les gens perçoivent que c’est l’avenir de leur métier. Ils ont besoin de comprendre les résultats, de savoir ce qu’ils peuvent attendre de leur prestataire ou comment piloter eux-mêmes leur campagne. D’ailleurs, à l’issue de ces formations, nombreux sont ceux qui décident finalement de confier leur budget à un spécialiste plutôt que de le faire eux-mêmes, car ils comprennent que c’est un métier. Mais au moins, il savent quoi demander et quoi attendre de leur prestataire.

Ça permet de fluidifier les rapports entre annonceurs et prestataires ! »

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