Faire appel à un/une freelance : avantages et inconvénients

+ 126%

C’est l’augmentation du nombre de freelances en France depuis 10 ans, ce qui représente environ 830 000 travailleurs indépendants aujourd’hui (source). Autant de compétences et d’expérience que les entreprises ne peuvent plus se vanter de proposer.

Parce qu’ils payent moins de charges qu’une entreprise, les freelances sont aussi souvent moins chers qu’une agence, par exemple, et plus souples dans leurs process.

Par ailleurs, une entreprise ou un entrepreneur qui fait appel aux services d’un freelance apprécie la proximité avec celui-ci, et le fait de pouvoir s’adresser en même temps au chef de projet et à la « production ».

Sur le papier donc, faire appel à un freelance est une bonne idée.

Mais est-ce toujours vrai ?

Des indépendants pas toujours disponibles… et pas toujours sérieux

Real Talk

(« foin de détours, parlons sans ambages », dans la langue de Molière)

Les freelances, c’est comme n’importe quelle catégorie : il y en a « des biens »… et des « moins bien ». Et parfois, manque de bol, on tombe sur les « moins bien ».

Concrètement, quelles sont les conséquences ?

Pour commencer, les travailleurs indépendants travaillent tout seul, par définition.

Ils ne sont pas encadrés et n’ont de compte à rendre, a priori, qu’à leur client. Mais que se passe-t-il si, en tant que client, vous avez la malchance de tomber sur un indépendant moyennement rigoureux ? Ou moyennement disponible ?

Car, dans ce cas précis, aucun autre chef de projet ne prendra le relai sur le dossier et vous ne pourrez pas vous retournez contre son patron ou sa patronne… puisqu’il n’y en a pas :-)

Pas de plan B, donc.

Or, qui n’a jamais entendu un dirigeant se plaindre de tel ou tel indépendant qui n’a jamais répondu à une demande ? Ou qui est parti « avec les codes du serveur » et qui est devenu injoignable ?

Il arrive qu’un indépendant, par choix ou par contrainte, retourne au salariat ou abandonne son activité pour un autre projet. Et malheureusement pour ses clients, cela signifie beaucoup moins de disponibilités et, bien souvent, une moins grande réactivité.

Un contrat, pour poser les conditions de la collaboration avec un freelance

Si on peut légitimement s’interroger sur la qualité de la relation entre ledit dirigeant et l’indépendant en question, ce type de situation prouve simplement le manque d’encadrement juridique de ces prestations.

Dès lors, pour éviter ce type de situation, il convient simplement de signer un contrat stipulant notamment :

  • Les obligations des deux parties
  • Les délais de livraison et le nombre d’allers-retours éventuels
  • La durée de la prestation et l’engagement
  • Les modalités de règlement.

Le client doit être capable d’identifier la prestation, le délai qu’elle prendra ou le délai maximum, pour une intervention par exemple, et les recours possibles.

Dans le cadre d’une prestation de rédaction web par exemple :

  • Le niveau de langage doit être au moins abordé,
  • La date de livraison doit être spécifiée,
  • Le nombre de corrections, sur la forme et sur le fonds, doit être précisé,
  • Et le délai de règlement, clair pour tout le monde.

Le prestataire, qu’il s’agisse d’un freelance comme de toute autre organisation, doit être capable de tenir ces délais, de garantir le niveau de qualité exigé par le client, et d’être réglé lorsque c’est prévu.

Si un des termes ne convient pas, alors peut-être cette collaboration ne doit-elle pas avoir lieu.

Si les deux parties s’accordent sur tous les points, tout le monde y trouve son compte :-)

La question des compétences du freelance et du champ d’action

C’est une question légitime.

Est-ce qu’un freelance est vraiment capable de couvrir tous vos besoins dans un domaine ?

Parfois, il existe des quiproquos. Le freelance aka encore-un-peu-salarié-dans-sa-tête, surestime ses compétences. Il croit qu’il peut prendre en charge à lui seul un dossier… alors que, jusqu’ici, plusieurs personnes spécialisées intervenaient dessus. Et, tout à son bonheur de signer un nouveau client, il accepte une mission… pour laquelle il ou elle n’a pas vraiment les compétences (ou pas encore, s’il ou elle est persévérant/e).

Et là, c’est la mauvaise surprise. Le freelance est dépassé, et le client, ben pas super content.

Commencer par une petite prestation et préférer un freelance qui fait partie d’un réseau

La parade ?

Il existe des freelances aguerris et qui ont déjà plusieurs références. D’ailleurs vous les reconnaîtrez : ce sont ceux qui vous sont recommandés et qui n’ont même pas besoin de chercher leurs clients.

Pour le client, c’est-à-dire le dirigeant ou l’entrepreneur qui fera appel à ses services, cela signifie que faire appel à un freelance encore peu aguerri est une prise de risque qu’il faut assumer. Et peut-être vaut-il mieux commencer par une petite prestation, avant de passer à un devis à 5 chiffres.

Cela implique également pour le dirigeant/la dirigeante ou le créateur/la créatrice d’une entreprise qu’il ou elle a tout intérêt à choisir un ou une freelance qui fasse partie d’un réseau, qui ne soit pas totalement isolé/e, et qui puisse, le cas échéant, convoquer d’autres compétences complémentaires aux siennes.

Pour le freelance, cela signifie qu’il ou elle doit être bien conscient de ce qu’il ou elle sait faire, de ce qu’il ou elle ne sait pas faire, et de ce qu’il ou elle peut par exemple faire faire à un/e autre freelance qui lui, ou elle, sait faire.

Les freelances : d’anciens salariés… et peut-être de futurs dirigeants

Néanmoins, il convient de nuancer le propos.

En effet, un freelance est souvent passé par diverses expériences et diverses entreprises. Il y a souvent appris des process et des méthodes de travail, qu’il perfectionne par la suite.

Pour lui ou elle, le cadre du salariat se révèle trop restreint pour ses aspirations professionnelles. Ce sont souvent d’anciens salariés qui, plutôt que de revoir leurs ambitions professionnelles à la baisse en raison d’un marché de l’emploi peu dynamique ou pas assez attractif, ont préféré sauter le pas et tenter le travail en indépendant.

Car il faut aimer son métier pour prendre le risque de quitter la sécurité qu’offre le salariat :

  • régime d’indemnisation accessible mais bien moins avantageux,
  • prêts bancaires moins accessibles,
  • régime de sécurité sociale réduit au strict minimum…

Ce sont donc des passionnés, des experts qui se sont déjà souvent prouvé qu’ils étaient capables de gérer de bout en bout un dossier client dans le cadre de leur métier. Si vous faites appel à un freelance, vous faites appel à un professionnel qui n’est pas là par hasard car devenir freelance est un choix pour 88% d’entre eux.

Force de proposition et à l’écoute

Par ailleurs, ils ne craignent pas le contact direct avec le client car ils ont déjà fait un (parfois douloureux) travail de remise en question. La conséquence ? Ils sont force de proposition, ont une vision globale de leur métier mais sont à l’écoute de leur client. Vraiment.

Certains, à l’instar des créateurs d’entreprise, se forment pour se doter de compétences supplémentaires et se perfectionnent. Et parce qu’ils sont passionnés et conscients d’être en compétition avec d’autres professionnels et entreprises, ils vont plus loin dans leur métier.

En résumé, l’échange avec un freelance vous enrichira bien plus qu’un contact impersonnel avec une société qui ronronne et où la communication a parfois du mal à passer entre un chargé de clientèle payé pour vendre du rêve, un chargé de projet débordé par son portefeuille de 35 clients, et la prod’, toujours à la bourre no matter what.

 

Osez dire qu’on a tort

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